Salut,
Ouais, tous les mots en « ismes » se répondent, mais au sommet de la chaîne alimentaire trône toujours le macho blanc corporate, le mâle fort comme un boeuf, irrécupérable à mon avis. Je veux dire, les rapports de classe sont déterminés par le sexisme parce que c'est le mâle qui contrôle tous les autres « ismes ». C'est une affaire d'hommes. Et d'après moi, les gens ne peuvent réfuter aucun « isme » ou penser que certains sont plus ou moins importants. Sauf pour le sexisme. Il est en charge. Il décide.
Je continue à penser que pour aborder tous les autres « ismes », il faut d'abord mettre à nu le sexisme. Il est presque impossible de déprogrammer l'oppresseur mâle génétiquement constitué, en particulier quand il a été biberonné au sexisme de génération en génération, comme les monstres réacs de la NRA et les bâtards de fils à papa corporate au pouvoir, ceux qui sont nés sans autre option que de tout posséder et de laisser quelques miettes s'écraser à leurs pieds pour le reste d'entre nous.
Mais il y'a des milliers d'esprits innocents, des jeunes garçons crédules de quinze ans qui commencent à peine à se conformer à ce qu'on leur a inculqué sur ce qu'un homme est supposé être, et les moyens abondent. Le plus efficace s'appelle le divertissement. L'industrie du spectacle commence seulement à nous accepter, principalement à cause d'une hype bidon issue de la prise de conscience sociale et environnementale : la nouvelle attitude des 90's, au point mort à cause du contrecoup patriotique de la guerre et tous ses meetings façon Nuremberg. Mais ils utilisent les MEDIAS ! Les médias. Les grosses compagnies discographiques, les malfaisants oppresseurs (bon sang, faudrait que je trouve un autre mot !) corporate, ceux qui sont de mèche avec le gouvernement, ceux sur qui le mouvement underground s'est vengé au début des années 80, ces compagnies subventionnent désormais des groupes prétendument subversifs et alternatifs pour qu'ils mènent la croisade.
Bien sûr ce n'est pas pour ça qu'ils filent de la tune. Mais parce que ça ressemble à un truc qui pourrait rapporter gros. Mais nous pouvons nous servir d'eux ! Nous pouvons nous faire passer pour l'ennemi afin d'infiltrer les rouages du système et de commencer à le pourrir de l'intérieur. Saboter l'empire en faisant semblant de jouer le jeu. Se compromettre juste assez pour les mettre au pied du mur. Et les têtes de noeud poilues, suantes, machos et sexistes bientôt dans un bassin rempli de lames de rasoir et de la semence de l'insurrection de leurs enfants, la croisade armée des déprogrammés, souillant le sol de Wall Street de débris révolutionnaires.
Assassinant à la fois de deux maux le moindre et le plus grand, apportant une éternelle purification stérile et bactériologique, botanique et végétale que nos ancêtres pourront contempler avec admiration et respect. RESPECT Saiiiiigneur !
(Reprenons) : se faire passer pour l'ennemi pour infiltrer les rouages de l'empire et commencer lentement à le pourrir de l'intérieur, c'est un job interne, ça commence avec les gardiens des institutions et les cheerleaders. Et ça se termine avec les entertainers.
La jeunesse attend, impatiemment.
La vasectomie pour les homophobes.
C'est comme ce que Kathleen racontait sur ce cours qui se tenait dans son école ou ils enseignaient aux filles comment se préparer à être violées, et en regardant par la fenêtre, elle voyait les violeurs jouer au foot et se disait « mais c'est eux qui devraient être ici pour apprendre à ne pas violer ».
Tellement vrai.
Séduisez-les avec du divertissement de qualité, et assenez-leur un grand coup de réalité.
La révolution sera télévisée. [...]
Kurt Cobain - 1991